Les étapes et conditions d’une coordination réussie
Chaque territoire, en fonction de son histoire et de sa gouvernance, doit construire son propre chemin de coordination. Il existe néanmoins des leviers incontournables.
1. Instaurer une gouvernance de projet interdisciplinaire
Un pilotage fort est la première clef. Cela suppose de réunir élus référents, techniciens de différentes directions (urbanisme, environnement, mobilité, développement économique), mais aussi des partenaires extérieurs comme l’ADEME, les chambres consulaires ou les associations. La mise en place d’un comité de pilotage transversal favorise une vision globale, évite le “travail en silo” et encourage partage d’information et d’expérience.
En région Sud, certains territoires ont même nommé un “référent coordination” chargé d’assurer la bonne articulation du SCOT, du PLU et du PCAET, parfois intégré dans les instances de la Communauté d’Agglomération (source : DREAL PACA).
2. Harmoniser la production des diagnostics
Un des écueils fréquents réside dans la multiplication des études de diagnostics, parfois menées séparément par thématique. Mutualiser l’élaboration des états initiaux, cartes, enquêtes et analyses permet :
- D’éviter les doublons et de réduire les coûts,
- D’identifier de façon transversale les enjeux prioritaires : accès à l’emploi, qualité de l’air, santé, artificialisation des sols, trames vertes et bleues…
- D’éclairer la rédaction des orientations de chaque document sous un même angle.
Un bon exemple : La Communauté d’Agglomération de Sophia Antipolis a profité de la révision de son SCOT pour croiser les analyses du PCAET naissant, notamment sur l’impact du développement des zones d’activité sur les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d’espaces naturels.
3. Engager une concertation large et continue
Plus l’élaboration est partagée (avec habitants, acteurs socio-économiques, associations…), plus la cohérence est solide. Les ateliers participatifs, les plateformes d’expression des attentes et les panels citoyens sont autant de modalités qui permettent d’intégrer des regards croisés dès l’amont et d’anticiper plus facilement les arbitrages nécessaires.
4. Articuler les calendriers et procédures
Les processus d’élaboration diffèrent (délais, obligations, commissaires enquêteurs, etc.), mais il est recommandé de caler les étapes-clés pour qu’elles s’alimentent mutuellement :
- Amorcer la révision du SCOT juste avant le lancement du PLUi ou du PCAET,
- Programmer les étapes de débat et d’arrêt de projet de façon à ce que les dernières décisions du SCOT éclairent la rédaction des règles du PLUi,
- Utiliser les réunions publiques du PDU pour remonter des besoins concrets affinant les zonages du PLU,
- Prévoir des points d’actualisation réguliers, pour intégrer les évolutions de législation ou de contexte (crises sanitaires, évolutions climatiques rapides, etc.).
Il n’est pas rare que l’organisation d’ateliers communs permette d’accélérer certains arbitrages, notamment quand il s’agit de dupliquer les efforts sur la cartographie ou le recueil de données socio-démographiques (Ministère de la Cohésion des territoires).
5. Assurer la compatibilité juridique : les principes à respecter
| Document |
Compatibilité obligatoire avec… |
Remarque |
| SCOT |
Directives et lois nationales |
Cadre général, pas “compatible” au sens propre avec d'autres plans locaux |
| PLU / PLUi |
SCOT, PDU, PCAET quand ils existent |
Le PLU doit être compatible avec les grandes orientations du SCOT et ne doit pas contredire le PDU (transport) et le PCAET (énergie/climat) |
| PDU |
SCOT |
Le PDU doit respecter les objectifs du SCOT |
| PCAET |
SCOT, PLUi, PDU |
Recommandé (et selon les lois récentes, obligatoire d’être “pris en compte” dans les autres documents) |
Il importe de veiller constamment à cette compatibilité, sous peine de voir des projets bloqués par le contrôle de légalité (Préfet), ou contestés devant les tribunaux administratifs.